Tempête

Ô nuées et fracas des vagues qui font frémir le mourrant, j’appelle!
Mon coeur cendré,
Mains nacrées sur le gouvernail.
C’est aux heures les plus sombres que la nécéssité du voyage s’impose.
Rêves à l’agonie, les lampions s’eteignent tous les uns après les autres
Et ma seule lanterne dans mes mains tremblantes vascille.
J’apercois au loin mes vieilles constellations que je croyais perdues
Et seul le vent vociférant peut maintenant me porter jusque dans leur chemin
Ou me jeter sur des ecueils.
La nuit est tombée et il est grand temps de mettre les voiles
Vers cet Inconnu qui lui seul peut me ramener en vie,
Hurlant, étreignant le gouvernail à bras-le-corps
Avec pour seul guide un coeur chaviré de trop de joie réprimée.