Morozko

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Morozko, or Father Frost, is the Spirit of Winter. In the dark period he makes everything sparkle with frost and snow flakes. He is glamouring beauty. And the colder it is, the more sparkling. That’s the faerie of wintertime. Everything has a bright side. Later on, Saint Nicolas took over, the Russian patron saint of children… and prostitutes. And then Father Christmas. But the true and only one is Morozko. He’s not nice to all, it’s conditional. As it should be.

Morozko Fairy Tale:

Once there lived an old widower and his daughter. In due time, the man remarried to an older woman who had a daughter herself from a previous marriage. The woman doted on her own daughter, praising her at every opportunity, but she despised her stepdaughter

She found fault with everything the girl did and made her work long and hard all day long.
One day the old woman made up her mind to get rid of the stepdaughter once and for all. She ordered her husband:

“Take her somewhere so that my eyes no longer have to see her, so that my ears no longer have to hear her. And don’t take her to some relative’s house. Take her into the biting cold of the forest and leave her there.”

The old man grieved and wept but he knew that he could do nothing else; his wife always had her way. So he took the girl into the forest and left her there. He turned back quickly so that he wouldn’t have to see his girl freeze.

Oh, the poor thing, sitting there in the snow, with her body shivering and her teeth chattering! Then Morozko (the Father Frost), leaping from tree to tree, came upon her. “Are you warm, my lass?” he asked.

“Welcome, my dear Morozko. Yes, I am quite warm,” she said, even though she was cold through and through.

At first, Morozko had wanted to freeze the life out of her with his icy grip. But he admired the young girl’s stoicism and showed mercy. He gave her a warm fur coat and downy quilts before he left. In a short while, Morozko returned to check on the girl.

“Are you warm, my lass?” he asked.

“Welcome again, my dear Morozko. Yes, I am very warm,” she said.

And indeed she was warmer. So this time Morozko brought a large box for her to sit on. A little later, Morozko returned once more to ask how she was doing. She was doing quite well now, and this time Morozko gave her silver and gold jewelry to wear, with enough extra jewels to fill the box on which she was sitting!

Meanwhile, back at her father’s hut, the old woman told her husband to go back into the forest to bring back the body of his daughter. He did as he was ordered. He arrived at the spot where had left her, and was overjoyed when he saw his daughter alive, wrapped in a sable coat and adorned with silver and gold. When he arrived home with his daughter and the box of jewels, his wife looked on in amazement.

“Harness the horse, you old goat, and take my own daughter to that same spot in the forest and leave her there,” she said.

The old man did as he was told. Like the other girl at first, the old woman’s daughter began to shake and shiver. In a short while, Morozko came by and asked her how she was doing.

“Are you blind?” she replied. “Can’t you see that my hands and feet are quite numb? Curse you, you miserable old man!” Dawn had hardly broken the next day when, back at the old man’s hut, the old woman woke her husband and told him to bring back her daughter, adding:

“Be careful with the box of jewels.” The old man obeyed and went to fetch the girl. A short while later, the gate to the yard creaked. The old woman went outside and saw her husband standing next to the sleigh. She rushed forward and pulled aside the sleigh’s cover. To her horror, she saw the body of her daughter, frozen by an angry Morozko. She began to scream and berate her husband, but it was all in vein. Later, the old man’s daughter married a neighbor, had children, and lived happily. Her father would visit his grandchildren every now and then, and remind them always to respect Old Man Winter

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Morozko, ou Petit Père Hiver, est l’Esprit de l’Hiver. Dans la période sombre de l’hiver, il fait tout scintiller avec sa gelée blanche et ses flocons de neige. Il est beauté ensorcelante. Et plus il fait froid, plus intenses sont ses scintillements. C’est la féerie de l’hiver. Tout a un coté lumineux. Plus tard, Saint Nicolas a pris le relais, le saint patron russe des enfants… et des prostituées. Puis le “Père Noel”. Mais le vrai et l’unique représentant de l’hiver est Morozko. Il n’est pas aimable avec tous, il pose des conditions. Comme il se doit.

Le conte de Morozko (traduction personnelle de l’anglais):

Il etait une fois un vieil homme et une vieille femme qui avaient trois filles. La vieille femme n’aimait pas l’ainée, qui etait en réalité sa belle-fille. Sans arrêt, elle la tancait, la faisait lever avant l’aube pour la charger d’innombrables besognes. La jeune fille devait soigner les bêtes, faire la corvée d’eau pour l’heure du lever. Et, malgré tout cela, jamais la vieille n’etait contente et elle ne cessait de crier apres Marfa : « Fainéante, souillon ! et le banc du poële qui n’est pas à sa place, et l’isba qui est sale ! »
La pauvrette pleurait en silence. Elle s’efforcait par tous les moyens de plaire à sa marâtre et de servir les filles de celle-ci ; mais les filles, qui imitaient leur mère, taquinaient méchamment Marfa, lui jouaient de vilains tours et la faisaient pleurer : c’etait même devenu un de leurs jeux favoris. Quant à elles, elles se levaient tard, se servaient pour faire leur toilette de l’eau que Marfa avait été puiser, de la serviette que Marfa avait lavée et repassée, et n’etaient jamais prêtes qu’au moment de passer à table. Cependant, nos jeunes filles allaient grandissant, s’epanouissant à vue d’œil. L’heure vint de songer à les marier. Conter, c’est vite fait, agir, c’est bien plus long. Le vieil homme aurait bien eu pitié de sa fille ainée, il l’aimait non seulement parce qu’elle etait obéissante et laborieuse, mais aussi parce qu’elle etait aimable et affectueuse. Mais il ne savait que faire, il etait faible, et la vieille femme avait toujours le dessus.
Ainsi donc, nos vieux se prirent à songer : tandis que le vieil homme se demandait quel parti trouver pour ses filles, la vieille femme resolut d’en profiter pour se débarrasser de l’ainée. Un jour, elle dit au vieil homme : « Il faut marier Marfa ! – bien, dit le vieil homme en montant péniblement se coucher. – demain, tu te lèveras un peu plus tôt que de coutûme pour atteler la jument au traineau. Tu amèneras Marfa. Quant à toi, Marfa, demain tu vas en visite. N’oublie pas de mettre dans un panier tout ce que tu possèdes et de mettre des vêtements propres ! »
La bonne Marfa fut heureuse à l’idée que le lendemain elle allait en visite et elle dormit bien. Au matin, elle se leva de bonne heure, se lava, rassembla toutes ses maigres affaires, s’habilla de son mieux, et il faut reconnaître qu’elle etait une tres jolie fille. Or, on etait en plein hiver, dehors régnait le gel craquant, Morozko le Père Hiver.

Au matin, à la pointe du jour, le vieil homme attela la jument et approcha le traineau du perron.
« C’est fait, tout est prêt ! dit-il en entrant. – mettez-vous à table et mangez un morceau ! » – dit la vieille femme.
Le vieil homme s’installa et prit la miche, et coupa une tranche mais Marfa n’eut qu’une coupelle remplie d’un restant de soupe aux choux. La vieille femme dit :
« Allons, ma chère, mange, et file ! Je t’ai assez vu comme cela ! Toi, barbe grise, tu vas conduire Marfa à son fiancé, mais prends garde de prendre le grand chemin et d’aller directement vers la forêt de sapins. Tu iras ensuite droit jusqu’au grand sapin qui est sur les hauteurs. Une fois là, donne-la à Morozko, le Père Hiver ! »
Le vieil homme écarquilla les yeux, ouvrit la bouche et cessa de manger. La pauvre Marfa commenca de sangloter.
« Allons, allons, assez pleurniché ! De quoi te plains-tu ? Ton fiancé est riche et beau ! Ses biens sont innombrables, sapins, pins, bouleaux couverts de blanc cristaux, tout cela est à lui ! Tu vivras richement et tous t’envieront ! »
Le vieil homme savait qu’il etait inutile de discuter les ordres de sa femme et en silence, il emmena sa fille jusqu’au traineau et l’enveloppa dans une vieille couverture et ils partirent. Le temps passait-il vite ou non, je ne sais, conter c’est vite fait, agir, c’est bien plus long. Enfin, il parvint à la forêt de sapins, quitta le sentier et avanca sur la neige glacée. Il s’enfonca dans l’obscurité du sous-bois. Parvenu au sapin, il s’arrêta, fit descendre sa fille, déposa le panier au pied de l’arbre et dit : « Reste là à attendre ton fiancé ; surtout, fais-lui bon accueil ! » Puis il tourna bride et tout attristé, rentra à la maison.

La jeune fille enveloppée de sa fine pelisse de mouton tremblait de la tête aux pieds. Ses dents s’entrechoquaient si fort qu’elle n’avait pas la force de pleurer. Tout-à-coup elle entendit un craquement : c’etait Morozko qui sautait de sapin en sapin en faisant claquer ses doigts. D’un bond, il atteignit le sapin au pied duquel etait assise la jeune fille et de là-haut il questionna :
« Tu as chaud, belle fille ? – mais oui, j’ai chaud, Morozko ! »
Le Père Hiver se mit à descendre, craquant et claquant des doigts de plus belle. Et il demanda :
« Tu as chaud, jeune fille ? Es-tu sûre ? »
La belle fille, qui respirait à peine, remua encore les lèvres :
« Oh, j’ai chaud, Morozko! J’ai chaud ! »
Morozko se mit à craquer et à claquer des doigts encore davantage et dit :
« Tu as chaud, jeune fille ? Tu as chaud maintenant, belle fille ? As-tu chaud, ma chérie ? »
La belle fille, dont les membres s’engourdissaient, n’eut plus la force que de murmurer encore :
« Assez chaud, mon cher Morozko ! »
Alors, cette fois, le Père Hiver s’attendrit, il enveloppa la jeune fille de riches fourrures et la réchauffa dans des couvertures bien chaudes.

Au matin, la vieille femme dit à son mari : « Allez, va réveiller les jeunes époux ! » Le vieil homme larmoyant attela le cheval et partit. Lorsqu’il arriva, il trouva sa fille vivante, couverte d’une fourrure somptueuse, d’un voile nuptial magnifique, avec, aupres d’elle un coffre rempli de sublimes cadeaux. Emerveillé, il chargea le tout sur le traineau, monta dedans avec sa fille et prit le chemin du retour. En rentrant au logis, la vieille marâtre etait stupéfaite de la voir revenir vivante, couverte d’un magnifique manteau et ramenant un coffre de précieux cadeaux.
« Non, mais ce n’est pas ainsi que l’on m’abuse ! »
A quelque temps de là, la vieille femme déclara à son epoux : « Mes filles aussi, il faut les conduire au même fiancé ! Les cadeaux qu’a recu Marfa ne sont rien comparés à ceux qu’il fera à mes filles ! » Conter, c’est vite fait, agir, c’est bien plus long. De très bonne heure, la vieille femme prépara à ses filles un repas copieux, elle les para de leurs plus beaux atours et leur souhaita bonne route. Le vieil homme laissa ses filles au même endroit sous le pin. Nos demoiselles resterent là à ricaner entre elles :
« Quelle idée elle a, notre mère, de nous donner toutes les deux en mariage en même temps ! Comme s’il n’y avait pas assez de gars au village ? A qui diable allons-nous avoir affaire ? » Les jeunes filles avaient beau être couvertes de manteaux de fourrure, le froid les saisit.
« Comment te sens-tu, Prascovia ? Moi, je suis couverte de frissons. Alors, il vient, ce fiancé ? On va geler à l’attendre ! – Oh, tais-toi, Macha ! Comme si les fiancés se presentaient tôt le matin ! Ce n’est même pas l’heure du déjeûner, et en plus, on a rien à manger ! A ton avis, Prascovia, s’il n’en vient qu’un, qui prendra t’il ? – sûrement pas toi, bécasse ! – parce que tu te figures que c’est toi qu’il va prendre ! Bien sûr que c’est moi ! – toi ! Arrête de dire des bêtises ! »

Et comme le gel raidissait leurs mains, elle les glisserent sous leurs manteaux et reprirent :
« Tête de bois, sale teigne ! Tu ne sais même pas filer ! – Et toi, vantarde, qu’est ce que tu sais faire ? Courir de veillée en veillée et t’empiffrer. On va bien voir qui il choisira ! »
Tout en débitant ainsi sornettes après sornettes, les deux jeunes filles grelottaient pour de bon. D’une même voix, elles s’ecrierent : « Quelle brute ! Mais que fait-il donc ? Pourquoi tarde t-il ? Tu es toute bleue de froid ! »

Soudain, dans le lointain, le Père Hiver se mit à craquer et à claquer des doigts tout en sautant de sapin en sapin. Les jeunes filles l’entendirent approcher :
« Tu entends, Prascovia, le voilà qui arrive dans un traineau avec des clochettes ! – laisse-moi, bourrique ! je n’entends rien, je pèle de froid ! – et tu veux te marier ! »
Elles se mirent à souffler sur leurs doigts. Morozko se rapprochait de sapin en sapin. Enfin, le voilà sur le sapin au dessus des jeunes filles. Il dit :
« Vous avez chaud, jeunes filles, hein ? Vous avez chaud, mes chéries ? – Oh, Père Hiver, comme nous avons froid ! Nous nous gelons à attendre un fiancé qui ne vient pas, maudit soit-il ! »
Père Hiver descendit, craquant et claquant des doigts de plus belle :
« Vous avez chaud, jeunes filles ? Vous avez chaud, belles filles ? – Va donc au diable ! Tu es aveugle, ma parole ! Tu ne vois pas qu’on ne sent même plus nos mains et nos pieds tellement ils sont gourds ! »
Père Hiver descendit encore et, leur envoyant un souffle glacé sur le visage, il dit :
« Avez-vous assez chaud maintenant, mes belles ? – Puisses-tu aller à tous les diables, maudit ! » Et les jeunes filles à cet instant même tombèrent à la renverse, pétrifiées.

Au matin, la vieille femme réveilla son homme très tôt et lui dit:
« Tu vas atteler le traineau couvert ! Tu le garniras d’une botte de foin et de pelisses de moutons. Pour sûr, les petites n’ont pas chaud, dehors, il a gelé cette nuit à pierre fendre ! Et dépêche-toi, ne les fais pas attendre ! »
Elle ne le laissa pas prendre de petit déjeûner. Il prit la route vers la forêt de sapins mais lorsqu’il parvint au grand sapin sur les hauteurs, il trouva ses filles mortes. Il les mit dans le traineau, et les recouvrit des pelisses de moutons. Et tristement, revint au logis. L’apercevant la vieille femme courut à sa rencontre en criant :
« Où sont les petites ? – Dans le traineau. »
La vieille femme souleva les pelisses, et se mit à hurler.

Alors, comme l’orage, elle déchaîna sa furie contre son epoux :
« Qu’as-tu fait, vieux bandit ? Tu as tué mes petites, mes filles chéries, mes jolis grains, mes beaux fruits rouges ! Attends que j’attrape la fourche pour te frapper, le tisonnier pour te massacrer ! »
Alors, le vieil homme, pour la premiere fois de sa vie lui tint tête :
« Assez! Tu pensais que tes filles allaient devenir riches, et cela aurait pu leur arriver si elles avaient été aussi gentilles et aimables que ma Marfa. Et puis – qui les a envoyées dans la forêt ? »
La vieille femme pour une fois garda le silence. Quant à Marfa, elle epousa un beau jeune homme du village et ils vécurent heureux. Mais lorsque leurs enfants deviennent turbulents et insolents, le vieil homme leur raconte, pour les effrayer, les histoires du Père Hiver.
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